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Le nouveau site du festival
mardi 21 mars

http://www.arte-mare.corsica

Vite ! Visitez le nouveau site du festival, plus rock and roll !

 
Dîners étoilés
samedi 1er octobre

Les rendez-vous gastronomiques d’Arte Mare (19h30, 20h30) Amuse-bouche, plat, dessert, verre de vin 30€.

Réservations au 06 76 31 93 69

ou en cas de nécessité

04 95 58 85 50

arte.mare@wanadoo.fr

 
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lundi 28 septembre
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samedi 2 novembre

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Un divan à New-York de Chantal Akerman, 1996
par Quentin Faucheux-Thurion
samedi 3 août 2013

Synopsis

Henry, psychanalyste de renom sur la place New-yorkaise, fatigué de sa vie fade et monotone, décide de louer son appartement en échange de celui d’un touriste parisien. C’est Béatrice, jeune danseuse très courtisée, qui décide de fuir précipitamment pour la grosse pomme et de s’installer pour trois semaines chez Henry. Les deux individus ne se connaissent pas, mais vont apprendre l’un de l’autre en découvrant chaque recoin de leurs maisons respectives, en lisant dossiers et lettres personnelles. Mais les belles vacances de Béatrice prennent une toute autre tournure quand les patients de Henry viennent la voir et qu’elle se plait au jeu de la psychanalyse. Lui de son côté subit rapidement les violences des multiples amants jaloux de la jeune femme. Henry décide donc de rentrer plus tôt que prévu et découvre vite son petit manège. Mais plutôt que de lui révéler sa véritable identité, il se fait passer pour un patient, John Wire. Au fil de leurs discussions, ils vont bientôt tomber éperdument amoureux l’un de l’autre…

Analyse

Dans cette comédie légère, drôle et décalée, La réalisatrice nous donne à voir l’amour naissant de deux personnes qui ne savent l’une de l’autre que ce qu’elles ont pu déduire de l’intérieur de l’autre. A l’instar d’Amélie Poulain, Henry cherche à entrer en contact avec Béatrice qui le fascine, l’intrigue et l’attire. Une histoire d’amour qui naît finalement de la rencontre insoupçonnée de la danseuse et du médecin, préméditée par Henry lui-même.

Mais là où il cherchait à faire indirectement l’analyse de la jeune femme, c’est elle qui va lui apporter l’aide et la fraîcheur de vivre dont il avait besoin. De par son insouciance, son côté artiste désordonnée et charmeuse, elle va lui faire accéder à la vie simple. Carpe Diem. La finesse du scénario comme de la mise en scène repose sur la distinction très marquée et efficace entre l’espace de vie de Henry et celui de Béatrice, lieux de vie qui gardent autant leur charme, leur caractère que leurs avantages et désavantages matériels. Plongés dans leurs intimités respectives, une vie en miroir se met en place, chacun prenant place calmement dans le moule de l’autre, le déformant, le refaçonnant.

Néanmoins, nous en apprenant tout autant sur les personnages par le comique de situation utilisé principalement dans le film. Les séances d’analyse des amants de Béatrice nous en apprend autant sur elle que sur Henry lui-même, sujet aux déformations professionnelles et soudain efficace dans un contexte à des années lumière de l’appartement aseptisé dans lequel il vit. On comprend dès lors que le mode de vie de la jeune femme, qui lui était proprement inconnu et auquel il n’aurait pas adhéré au préalable, lui convient bien mieux que la richesse et la gloire. Ce constat sera vérifié à son retour à New-York, où il ne portera plus de costume avant de pouvoir accéder à sa garde robe et a fortiori d’y être contraint.

De son côté, Béatrice, en jouant aux apprentis psy, se réapproprie progressivement l’espace privé de Henry. Les deux cherchent un dépaysement propice à la reconstruction, au calme, et à même de les recentrer sur leurs désirs réels. En ayant besoin d’isolement, ils ont finalement trouvés ce que l’on trouve plus généralement quand on le cherche, l’amour.

Une comédie aux allures de conte de fée presque, à l’instar de Cendrillon. Henry se savait amoureux d’elle avant même de la voir et leur rencontre anonyme n’aura fait que confirmer ses présupposés et ses sentiments. Une séduction silencieuse s’est mise en place entre les deux qui ne prennent plus plaisir qu’à se voir et finissent par s’aimer.

Le chien apparaît comme un intermédiaire tout droit issu d’un conte, un objet de confiance, un baromètre de l’amour. En voyant combien son animal s’est attaché à la jeune danseuse, Henry est certain de trouver en elle la figure d’une princesse au charme radieux. Elle lui apporte en fait la douceur dont il a besoin, qu’importe la règle, qu’importe l’éthique. Par le voyage, les deux personnages entrent en eux-mêmes et dans l’esprit l’un de l’autre pour mieux y trouver l’un la stabilité et l’autre une fête quotidienne. Une conclusion digne des films de Lubitsch ou de Woody Allen.

Chantal Akerman est une artiste très prolifique. Journaliste, documentariste, artiste contemporaine, elle a également un place de choix dans le cinéma français d’auteur. Elle compte de nombreux films à son actif, aussi bien pour la télé vision que pour le cinéma.

Après avoir une partie de ses études d’art aux Etats-Unis, elle s’intéresse plus en détail au cinéma expérimental, qui lui donne accès à un nouveau degré de lecture du monde. Elle réalisera ainsi plusieurs moyens et longs métrages expérimentaux, cherchant à user de la pellicule comme d’une toile, redéfinissant les limites de l’espace et de la vision. Sa démarche l’aura menée à faire La Chambre (1972) et Hôtel Monterey, deux films inspirés des œuvres de Andy Warhol et Jonas Mekas.

Mais elle a bien évidemment réalisé des films plus classiques, comme Jeanne Dielman, 23, Quai du Commerce, 1080 Bruxelle (1975), Paris vu par…vingt ans après en 1984, Nuit et jour (1991) ou bien plus récemment La Folie Almayer. L’artiste s’est également intéressée de très près au documentaire, à la littérature et à l’art contemporain, moteur de son inspiration.

Juliette Binoche est l’un des actrices les plus actives du cinéma et du théâtre français. C’est également l’une des premières actrices de sa génération à s’être fait un nom à l’échelle internationale. Après un tournage mouvementé et riche sur Je vous salue Marie de Godard, elle rencontrera Leos Carx avec lequel elle tournera deux film remarquables, Mauvais sang (1986) et Les Amants du pont neuf (1991). Mais c’est son rôle dans L’insoutenable légèreté de l’être (1987) aux côtés de Daniel Day Lewis qui lui vaudra la reconnaissance de la communauté cinématographique internationale. Elle tournera ensuite la trilogie des couleurs de Kieslowski, et recevra le césar de la meilleure actrice. Elle tournera ensuite sous les ordres de Michael Haneke, avec Code Inconnu et Caché, mais fascinera également des artistes comme Nobuhiro Suwa, Abbas Kiarostami, David Cronenberg (Cosmopolis, 2011) ou encore Bruno Dumont avec Camille Claudel : 1915 sorti cette année.

Une carrière riche et éclectique, mêlant films d’auteur et films grand public. Binoche a su se faire remarqué grâce à son jeu élégant et sans failles, qui laisse aussi bien transparaître sa sensibilité que sa finesse de perception du monde.

 

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