NOUS CONTACTER

ARTE MARE

Espace Sant’Angelo

Maison des associations

Bureau 202

Rue Sant’ Angelo

20200 Bastia

Tél : 04 95 58 85 50

Port : 06 76 72 13 73

Mail : arte.mare@wanadoo.fr

L’adresse du site a changé également :

www.arte-mare.eu


Statistiques des visites :
731 aujourd'hui
2124 hier
1828264 depuis le début
Brèves
Françoise Nyssen ministre de la Culture
mercredi 17 mai
Le festival se réjouit de la nomination de Françoise Nyssen. Une bonne nouvelle pour la Culture...
 
Dîners étoilés
samedi 1er octobre

Les rendez-vous gastronomiques d’are Mare (19h30, 20h, 20h 30) Amuse-bouche, plat, dessert, verre de vin 30€.

Réservations au 07 87 76 56 86

 
Le nouveau site du festival
jeudi 21 juillet

http://www.arte-mare.corsica

Vite ! Visitez le nouveau site du festival, plus rock and roll !

 
Les mauvais sujets
samedi 7 mai

PRIX DU LIVRE CORSE.


1768. Bastia retient son souffle. La cité marchande s’est lassée du parfum de la poudre et du bruit des canons. La guerre contrarie le commerce. Un récit mené tambour battant au rythme des aventures militaires et galantes de jeunes gens entraînés par l’accélération de l’histoire. Le deuxième roman de Michèle Corrotti et Philippe Peretti après Petite Italie. Editions Alain Piazzola. Couverture Edith Guidoni.

 
Twitter
lundi 28 septembre
L’actualité du Festival Arte Mare c’est aussi via notre compte Twitter @ArteMare
 
Du vent dans les mollets de Carine Tardieu, 2012
par Quentin Faucheux-Thurion
mercredi 7 août 2013

Synopsis

Rachel a 9 ans et semble avoir tout d’une enfant normale. Des parents aimants, une mémé mortifère, une mégère pour institutrice. LA vie semble aller pour le mieux dans cette petite famille tranquille. Mais la vie de cette petite va changer lorsqu’elle croisera le chemin de Valérie, une jeune fille survoltée et bohème. Cette jeune fille va plonger Rachel dans le monde des découvertes, de l’enfance et lui faire gouter à la véritable amitié. De fous rires en conflits, de jeux innocents en bêtises, les deux jeunes filles vont trop vite se heurter au monde impitoyable des adultes. Une amitié belle, mais dont la force outrepasse sans doute celle de simples enfants, aussi gros soit leur cœur et aussi inépuisables soient leurs ressources. Analyse

Avec sa comédie dramatique légère et pétillante, Carine Tardieu nous offre un panoramique efficace de l’enfance et de l’innocence. Le personnage de Rachel, bien que caricatural sous certains aspects, nous apparaît recluse, enfermée dans la norme imposée par une mère possessive et presque dictatoriale. Un film sur l’accès au monde et à la liberté humaine autant qu’une porte vers le monde de l’enfance. Valérie est donc l’incarnation du désir de libre arbitre de Rachel, une jeune fille insouciante, qui agit avant de penser aux conséquences, une impulsivité souvent considérée comme de l’audace voire même de l’impolitesse sinon de l’insolence.

Rachel va progressivement gouter aux fruits interdits par sa mère et apprendre progressivement à vivre. Son père la suivra dans son voyage initiatique, désireux lui aussi de se sortir de son quotidien cadré, répétitif et morne. Un passage presque obligé par le pays des merveilles où la jeune Rachel, égale d’une Alice va se promener avec allégresse.

La jeune fille préfèrerai voir sa mère morte plutôt que de continuer à vivre en cage. La jeune enfant développe une fascination malsaine pour la mort, présente en substance dans sa chambre qu’elle partage avec sa grand-mère malade et décrépite. Fascination suscitée par l’envie de ressembler à la coqueluche de sa classe, une jeune fille belle et blonde, orpheline de mère et centre des attentions. Rachel aimerait ne plus être invisible, exister pour ce qu’elle est, une petite fille comme les autres, en mal d’aventure et d’adrénaline. Elle trouvera l’excitation en la personne de Valérie, garçon manqué intrépide et volage, qui lui fera découvrir autant la grossièreté que la loyauté et le rire. Une amitié belle et douce, montrée dans toute sa simplicité et sa vraisemblance, par une mise en scène simple mais efficace.

Le personnage de la psychanalyste apparaît comme une marraine la bonne fée. Elle ouvre Rachel à son imaginaire et à son inconscient et lui donne les clefs de lecture de ses rêves. Elle ne cherche en rien à lui donner des solutions à ses maux les plus noirs, mais à l’aider à penser le monde en couleur, à se libérer des fers de sa mère. « Du vent dans les mollets » pour moteur de la vie. Quoi que l’on fasse la vie avance et il ne faut pas s’arrêter.

Cependant résonne dans le film un pessimisme de fond qu’il s’agit de ne pas laisser de côté, sans quoi la valeur du film en serait bien moindre. En effet, on apprend très tôt que la jeune Valérie souffre d’une maladie cardiaque causant une déformation du myocarde. Son cœur est plus gros que la normale. On peut alors dire que c’est une façon pour l’auteur du scénario de montrer combien la jeune enfant déborde d’amour et d’énergie. Mais il nous dessine également la trajectoire funeste du personnage. Au fur et à mesure du film, les deux filles vont découvrir les choses de l’amour, du sexe, et bien plus encore de l’amitié. La jeune fille a voulu griller des étapes, entrainant avec elle Rachel. Ensemble elles ont franchies les limites de l’enfance pour s’aventurer dans un monde d’adolescent et d’adulte. D’abord Rachel s’entiche du frère aîné de Valérie, ensuite Valérie s’entiche du père de Rachel. Une découverte simultanée du sentiment amoureux et des plaisirs du corps. A Auschwitz, le père de Rachel a connu violences et privations, il a vu les siens disparaître. C’est une victoire personnelle que cette vie d’amour qu’il vit au quotidien, bien que tout le ramène à cette épreuve difficile. Une référence grinçante à la Shoa, perçue au travers de l’innocence d’une jeune enfant. Référence indispensable dans la narration, certainement pas, mais qui ne manque pas de rapprocher le spectateur du personnage sensible et attachant de Denis Podalydès Initiation à distance certes, mais qui déjà dépasse l’ordre naturel des choses. Si bien que Valérie, à toujours vouloir repousser les limites et franchir les frontières morales et normatives, va se heurter à un mur. A trop vivre et trop aimer, son cœur a fini par lui faire faux bon. Une expérience inattendue et douloureuse de la mort pour Rachel, qui souffre de l’absence d’une amie chère bien que la vie continue, que le vent souffle toujours dans ses mollets et l’éloigne un peu plus du temps de leur enfance commune.

Fort de cette rencontre, les personnages vont tous rayonner et changer. Autant les parents de Rachel que la jeune fille, devenue une enfant véritable. Sa mère s’est libérée des du poids de la norme qu’elle s’imposait et prend désormais la vie avec légèreté, mais s’étonnera toujours de la violence du monde et du quotidien, avec la mort soudaine de Valérie.

Scénario Carine Tardieu et Raphaëlle Moussafir (D’après un Roman de Raphaëlle Moussafir) Image Antoine Monod Avec Agnès Jaoui, Denis Podalydès, Isabelle Carré et Isabella Rossellini 1h26min, couleurs, 16/9

Agnès Jaoui est une des artistes les plus éclectiques du paysage cinématographique français. Actrice, scénariste et réalisatrice, elle s’essaie également à la mise en scène de théâtre et à l’adaptation de pièces. Ancienne élève du cour Florent et du lycée Henry VI, elle s’est rapidement fait un nom après sa rencontre avec Jean-Pierre Bacri, son collègue et compagnon.

Ils reçoivent ensemble un César pour leur scénario Smoking / No Smoking en 1994, film réalisé par Alain Resnais. Bien qu’elle ait déjà fait ses premiers pas à l’écran avec des films comme Le Faucon (1983) de Paul Boujenah ou Hôtel de France de Patrice Chéreau en 1987, elle ne sera réellement connue qu’en 1996 avec le succès du film Un air de Famille de Cédric Klapisch, qui témoigne autant de son humour grinçant que de ses qualités d’observatrice du monde et des problèmes sociaux.

Elle travaillera ensuite avec Alain Resnais sur son On connaît la chanson (1997) et continuera à jouer dans des films d’auteurs ayant marqués le cinéma français.

Elle aussi va développer son propre cinéma, avec l’aide de son époux J-P. Bacri, et réalisera des films comme Le Goût des autres (2000) ou son tout récent Au bout du conte (2013), succès au box office français.

Artiste humble et prolifique, elle utiliser sa finesse et sa sensibilité aussi bien dans son jeu que dans ses écrits, et continuera encore d’étonner par sa fraicheur et son humour décalé et accessible.

Denis Podalydès, a lui aussi une carrière très riche, plus encore que Jaoui. En effet, il se prête autant u jeu de théâtre, avec un place de choix à la comédie française, qu’à la mise en scène, à l’enregistrement de livres audio et au cinéma et à la télévision.

Depuis 1996, il multiplie les pièces à la comédie française et se plait à remettre au goût du jour des textes parfois oublier où dédaigner par le public actuel. Amateur de littérature et notamment de poésie, il se plait à partager sa passion des vers et de la prose. Mais ce qui fait de lui un acteur d’autant plus remarquable, c’est sans doute la finesse et a simplicité de son jeu. Proche de Monsieur-tout-le-monde, Podalydès touche directement le spectateur, qui s’identifie sans peine a lui. On le retrouve le plus souvent dans les films de son Frère, Bruno Podalydès, avec Versailles Rive gauche (1992), Dieu seul me voit (1998) ou Le mystère de la chambre jaune (2003). On le retrouve également dans Comment je me sui disputé… (ma vie sexuelle) de Arnaud Desplechin en 1996. On l’aura également aperçut dans Neuilly sa mère (2009), Vous n’avez encore rien vu (2012) le dernier film de Alain Resnais, mais également dans Camille Redouble, le succès de Noémie Lvovsky. Acteur prolifique et artiste de talent, les grands noms savent lui rendre hommage au quotidien, lui montrant sans cesse qu’il trouve bien sa place dans ce monde particulier qu’est celui du cinéma français.

 

Répondre à cet article