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Les rendez-vous gastronomiques d’are Mare (19h30, 20h, 20h 30) Amuse-bouche, plat, dessert, verre de vin 30€.

Réservations au 07 87 76 56 86

 
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PRIX DU LIVRE CORSE.


1768. Bastia retient son souffle. La cité marchande s’est lassée du parfum de la poudre et du bruit des canons. La guerre contrarie le commerce. Un récit mené tambour battant au rythme des aventures militaires et galantes de jeunes gens entraînés par l’accélération de l’histoire. Le deuxième roman de Michèle Corrotti et Philippe Peretti après Petite Italie. Editions Alain Piazzola. Couverture Edith Guidoni.

 
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Soirée de Clôture, samedi 26 novembre à 21h
Un Havre pour l’esprit
jeudi 10 novembre 2011
Durant une semaine, Arte Mare aura diffusé une trentaine de films, ouvert des débats, des discussions sur des sujets très divers, ouvert cent fenêtre sur le monde, aura permis des rencontres inattendues. Cette foisonnante échappée se clôt sur un beau film franco/finlandais d’Aki Karismäki, Le Havre. Que dire de plus ?

Marcel Marx, ex écrivain et bohème renommé, s’est exilé volontairement dans la ville portuaire du Havre où son métier, honorable mais non rémunérateur de cireur de chaussures, lui donne le sentiment d’être plus proche du peuple en le servant. Il a fait le deuil de son ambition littéraire et mène une vie satisfaisante dans le triangle constitué par le bistrot du coin, son travail et sa femme Arletty.
Et voilà que le destin met brusquement sur son chemin un enfant immigré originaire d’Afrique noire, alors qu’Arletty tombe gravement malade et doit s’aliter. Marcel doit à nouveau combattre le mur froid de l’indifférence humaine, et la police, avec pour seules armes son optimisme inné et la solidarité têtue des habitants de son quartier.
Il est temps pour Marcel de cirer ses chaussures et de montrer les dents.
Le Havre est pourtant un film drôle, comique même. Parce qu’au fond, ce monde que nous montre Kaurismäki est vraiment absurde.

Le réalisateur finlandais a toujours été un cinéphile acharné. En 1983, pour son premier long métrage, Aki Karismäki n’hésite pas à adapter Crime et Châtiment de Dostoïevski. Le réjouissant Leningrad Cowboys Go America, en 1989, lui apporte une notoriété internationale. L’Homme sans passé reçoit le Grand Prix et le Prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes en 2002 et est nommé aux Oscars en 2003.
C’est la première fois qu’Arte Mare projette un film de Kaurismäki. Le Havre a été six fois nominé à Cannes et y a obtenu le Prix du Jury Œcuménique. Jean-Pierre Daroussin et André Wilms en sont les acteurs principaux.


LA FICHE DU FILM

• SCÉNARIO Aki Kaurismäki
• IMAGE Timo Salminen
• MONTAGE Timo Linnasalo
• PRODUCTION Sputnik Oy, Pyramide productions et Pandora Film
• DIFFUSION Pyramide
• AVEC André Wilms, Kati Outinen, Jean-Pierre Darroussin, Miguel Blondin


Un questionnaire "prousto-godardien" par Jérémie Couston, de


Aki Olavi Kaurismäki est né le 4 avril 1957 à Orimattila, en Finlande. Avec son frère Mika, il est l’un des rares cinéastes à être connu au-delà des frontières de son pays. Minimalistes et pince-sans-rire, ses films ont pour héros des hommes et des femmes de peu, mus par l’énergie du désespoir. Kaurismäki obtient une reconnaissance internationale avec le loufoque et musical Leningrad Cowboys go America (1989) et la très noire Fille aux allumettes (1990). En 2002, L’Homme sans passé a reçu le Grand Prix et le Prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes. Son dernier film, Le Havre, avec Jean-Pierre Léaud, Kati Outinen et Jean-Pierre Darroussin, doit sortir au printemps.

Est-ce que le cinéma vous rend heureux ?
En tant que spectateur, oui. Mais pas tout le temps.

Comment reconnaît-on un de vos films ?
C’est ennuyeux, mal filmé, bourré d’erreurs, le scénario existe à peine, et les acteurs sont bizarres.

Quel est le premier film que vous avez vu, et où l’avez-vous vu ?
Un film de Tarzan, dans le petit village où je suis né, dans le Sud de la Finlande. Je devais avoir 3 ans. Mes parents nous ont traînés là-bas avec mon frère et ma sœur car ils ne pouvaient pas nous laisser seuls à la maison.



D’où vient votre envie de faire des films ?
Je n’ai jamais voulu devenir cinéaste. Je voulais devenir écrivain. J’ai écrit un scénario par accident et je me suis retrouvé cinéaste malgré moi.

Un film un peu au-dessus de tous les autres ?
Côté européen : L’Atalante [Jean Vigo, 1934]. Côté yankee : Seuls les anges ont des ailes [Howard Hawks, 1939].


Un livre que vous avez rêvé d’adapter ?
J’ai réalisé ce rêve en adaptant La Vie de bohème [d’après Scènes de la vie de bohème, de Henry Murger]. J’ai découvert le roman à 19 ans alors que j’étais facteur et je m’étais promis d’en faire un film. A l’époque, personne ne m’a cru car un facteur ne fait pas de film. Cela m’a pris quinze ans mais j’ai réussi.


Vous tournez un remake. Lequel ?
Les remakes n’ont pas vraiment d’intérêt à mes yeux, à moins qu’il ne s’agisse d’une histoire magnifique et totalement oubliée. Voyage à Tokyo, d’Ozu, pourrait donner un bon remake. Mais certainement pas à la façon hollywoodienne.


A quoi êtes-vous sensible pendant la projection de votre film lors d’un festival ?
En tant que vieil organisateur de festival moi-même, je suis toujours attentif à la qualité technique des projections. [Depuis 1986, Aki organise avec son frère Mika le Midnight Sun Festival].


Revoyez-vous vos films. Pourquoi ?
J’écris, je produis, je réalise, je monte moi-même mes films, je les connais par cœur. Donc, une fois la première copie tirée, j’évite de les revoir car je n’en vois que les défauts.

Une scène que vous avez ratée ?
Environ 40 % des scènes que j’ai filmées entrent dans cette catégorie.

Une scène inoubliable ?
Dans Quai des brumes, de Marcel Carné, après la mort de Jean Gabin.

Un film qui vous donne envie de vous engager ?
Le Sel de la terre [Herbert Biberman, 1954].


Vos films ont-ils une nationalité ?
Je suis obligé de reconnaître qu’ils sont finlandais. Je ne suis pas pour que tout le monde fasse des films sur n’importe qui. Les cinéastes devraient se contenter de documenter les pays et les cultures qu’ils connaissent, en bien ou en mal.

Un gros plan qui vous bouleverse ?
Le dernier plan des Lumières de la ville, Charlot, avec sa fleur, est imbattable. Mais je préfère celui d’avant, sur la jeune fille.


Un film qui vous donne envie de danser ?
La scène de bal de Casque d’or [Jacques Becker, 1952].



Quel acteur regrettez-vous de n’avoir jamais filmé ?
Robert Ryan mais je ne regrette pas car il était déjà mort quand j’ai commencé à faire du cinéma, si j’ai commencé un jour.


Une ville dans un film ?
Liège dans les films des frères Dardenne. L’Enfant en particulier.



A quel(les) critique(s) vous fiez-vous ?
Seulement André Bazin.


Pour lequel de vos films avez-vous un faible ?
Tiens ton foulard Tatiana, pour son innocence.


A quel stade de votre vie pourriez-vous envisager de ne plus faire de films ?
Lundi prochain, je vais voir la première copie de mon dernier film [Le Havre] et je suis enfin libre. Je pense qu’il est temps d’arrêter. Je suis trop vieux pour passer au numérique.

Une chanson que vous n’avez jamais autant aimé que dans un film ?
Les quatre premières minutes de La Soif du mal, d’Orson Welles.



Par quoi vos films sont-ils obsédés ?
La dignité. Et l’amour-propre.

L’artiste absolu ?
Jacques Tati.


En 2040, le cinéma sera…
Mort, comme l’humanité. Car les deux sont liés. Le numérique a tué le cinéma. Le cinéma ne s’intéresse plus à la lumière.

Pourquoi filmez-vous ?
Je n’ai jamais su faire un métier honnête.

Le verre est-il à moitié vide ou à moitié plein ?
Pour moi, le verre est toujours vide.
.

Propos recueillis par Jérémie Couston


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