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mardi 21 mars

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Vite ! Visitez le nouveau site du festival, plus rock and roll !

 
Dîners étoilés
samedi 1er octobre

Les rendez-vous gastronomiques d’Arte Mare (19h30, 20h30) Amuse-bouche, plat, dessert, verre de vin 30€.

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ou en cas de nécessité

04 95 58 85 50

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lundi 28 septembre
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dimanche 13 septembre
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samedi 2 novembre

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Sunddenly Last Summer de Joseph L. Manchiewicz, 1960
par Quentin Faucheux-Thurion
samedi 3 août 2013

Synopsis

Après avoir assisté malgré elle à la mort violente de son cousin par un groupe de jeunes cannibales, la jeune et belle Catherine Holly est placée dans un institut psychiatrique. Sa tante, Violette Venable, une aristocrate respectable et endeuillée, va tacher de convaincre le Dr Cukrowicz, jeune neurochirurgien, d’opérer Catherine pour entériner son mal et stopper ses hallucinations. Mais, à mesure qu’il se rapproche de sa patiente, il doute qu’elle soit réellement malade. En la soumettant à un sérum de vérité à base de sodium, il découvrira que ce que d’aucuns considérait comme affabulations est finalement la pure vérité. On découvre alors que la charmante mais étrange Mrs Venable, mère possessive, voulait cacher son implication, directe ou indirecte, dans la mort de son fils…

Analyse

Mankiewicz avec Suddenly Last Summer, nous plonge dans un univers onirique et exotique à la limite du fantastique. On peut voir dans l’atmosphère du film comme un écho aux écrits de E. Allan Poe, sombre et mystérieux. La mort rode, se répand en substance dans chacun des plans qui donne au film un ton plus noir, plus pessimiste voire même funeste dans une certaine mesure. Une mort physique certes, exprimée dans la première partie du film au cours de la visite du jardin tropical de Mrs Venable, oasis ou labyrinthe macabre et hanté. Réflexion sur l’être, sur la culpabilité, sur la relation d’une mère à son fils, c’est également un film qui croise les espaces temps et les souvenirs. Référence à Freud sans doute, et à sa thèse sur l’inconscient humain. La place de la mémoire est prépondérante dans le film constitue le noyau des nœuds dramaturgiques mis en place, au même titre que le désir de vérité des personnages.

En effet, les deux femmes ont chacune leur vérité, et un glissement s’opère entre la version de Violette Venable à laquelle on adhère au préalable, bien qu’on sache qu’elle est sujette à des crises d’hystérie, et la version de Catherine. Certes Catherine fut témoin de ce meurtre violent, mais Violette Venable connaît quant à la elle la douleur causée par le deuil. Elle présente sa relation avec son fils comme une relation fusionnelle, presque incestueuse même, en témoigne l’expression « Violette et Sébastien, Sébastien et Violette ».Un mère perdue sans son fils, dont on apprend qu’il se détachait d’elle, désintéressé, fatigué. Le recours au Flash back parait donc logique et même nécessaire ici. Ils permettent au spectateur de vivre les scènes, de les ressentir, dans toute leur grâce et leur violence et le rapprochent des personnages pour qu’il pénètre leur esprit et leurs modes de penser. Un choix esthétique et pratique donc, qui donne plus de poids aux révélations finales.

La relation entre la mère à son enfant est ici dépeinte comme un rapport de possession, d’exclusivité. Violette possédait Sébastien, elle croyait être le centre de ses pensées. Ils vivaient tous deux dans cette jungle privée, ce havre commun, qui finalement permettait à Sébastien de s’évader loin de sa mère, de penser, de rêver. Un Sébastien égoïste au regard du flash back et du portrait qu’en fait Catherine. Un jeune homme avare, obscène et obsédé, fasciné par la grâce féminine et qui aimait à être vu avec des femmes belles et désirables. Une façade qui cache en réalité un vide, un manque, une frustration, sans doute artistique. Et bien entendu une lassitude sans faille du traintrain quotidien.

Le Dr Cukrowicz est finalement un personnage charnière, qui fait le lien entre les deux femmes pour mieux mettre au jour la vérité. Il libèrera Catherine de ses chaînes, la sortira de la fosse aux lions dans la quelle l’a jeté Violette, qui se délecte de ses souffrances. Manipulatrice et dangereuse, la vieille femme est devenue folle par amour, par manque. Le désintérêt soudain de Sébastien pour elle fut sans doute pire que la mort qu’elle lui a infligée. Mankiewicz nous apprend à ne pas nous fier aux apparences, et sèmes dans ses plans reculés au milieu de la jungle et par le décor lui-même, de nombreux indices qui doivent logiquement nous aider à cerner le personnage de Violette.

Un film psychologique donc, qui fait s’entremêler les espaces temps et repose autant sur l’expression simultanée de deux versions d’une même histoire que sur l’absence du fils. Sébastien est l’un des personnages les plus présents et nous semble familier dès le premier quart du film. Un tour de force de jeu et d’écriture qui témoigne bien de la maîtrise du cinéma de Mankiewicz, qui nous plonge dans une atmosphère complexe et étoffée.

Scénario : Gore Vidal, Tennessee Williams (D’après la pièce éponyme de Tennessee Williams) Image : Jack Hildyard Avec : Elisabeth Taylor, Montgomery Clift, Katharine Hepburn 110 min, Noir et Blanc, 4/3

Joseph L. Mankiewicz, 21 films tous plus différents les uns que les autres, étonne encore par sa capacité à passer d’un genre à l’autre tout en conservant sa finesse d’écriture et de mise en scène. Ayant d’abord travaillé comme scénariste avec son frère Herman chez Paramount, il se lance ensuite dans la réalisation et débute avec Le Château du Dragon en 1946. Ses premiers films sont plus anecdotiques, disons qu’ils lui auront servis d’essai, de brouillon. Il est cependant rapidement reconnu avec Chaîne conjugale (1949), pour lequel il reçoit l’Oscar du scénario et de la mise en scène. Il enchaîne ensuite les films, comme L’Affaire Cicéron (1951), Jules César (1952), et plus tard Cléopatre (1961), le péplum le plus cher de l’histoire du cinéma.

C’est donc un cinéaste prolifique, qui aura sûrement inspiré de nombreux réalisateurs contemporains. Son cinéma est très marqué par le manque « d’action » au sens hollywoodien du terme. Il se concentre d’avantage sur les relations entre les personnages, sur la caractérisation de ces derniers, sur les situations dans lesquelles ils évoluent. La force de son cinéma repose donc autant sur l’écriture que la mise en scène et sort ainsi du rapport purement commercial prédominant dans le cinéma américain, qui connaît l’essor des studios. Il tourna son dernier film en 1972, Le limier, mais ne s’éteindra que vingt ans plus tard. Il aura tout de même travaillé avec les plus grands acteurs américains de son temps et garde sa place au panthéon des grands artistes du cinéma international.

Elisabeth Taylor est autant célèbre pour sa beauté que pour la qualité de son jeu et les rôles mythiques qu’elle a incarnés au cinéma et à la télévision. De Cléopâtre à Allons donc, Papa, en passant par La Chatte sur un toit brûlant et Qui a peur de Virginia Woolf, elle a joué dans des films cultes et qui servent encore de référence à bon nombre d’artistes. Sa puissance de jeu, sa palette d’expressions et d’émotions ont fascinés et envoûtés les plus grands cinéastes, comme Mankiewicz, Minnelli, Dmytrick, Huston et bien d’autres.

Elle reçut bon nombre de prix, de l’oscar aux golden globes, de l’ours d’or au Laurel Award. Une actrice reconnue donc, et ce à juste titre, tant elle a marqué des générations de cinéastes et de cinéphiles.

 

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