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Pas de Printemps Pour Marnie d’Alfred Hitchcock, 1962
par Quentin Faucheux-Thurion
samedi 10 août 2013

Quentin Faucheux-Thurion est élève en classe préparatoire de Ciné Sup’, au lycée Guist’hau de Nantes. Il se prépare au concours de la Fémis 2014. Ce concours de haut niveau demande l’acquisition d’une culture cinématographique riche, ainsi que des qualités d’analyse critique et esthétique solides. Dans ce cadre, la formation cherchant à associer théorie et pratique, il est demandé de réaliser un stage conventionné d’un mois en milieu professionnel. Une immersion totale dans le monde du cinéma ou de l’art ayant pour objectif de confirmer un choix de carrière et de favoriser la réussite au concours. Ce stage a été effectué en Juillet. Il a porté sur la thématique d’Arte Mare

Synopsis

Mark Rutland est à la tête dune agence d’assurances à Philadelphie. Quand Marnie se présente pour prendre le poste de secrétaire, la jeune femme le fascine par sa beauté piquante. On lui dit en plus qu’elle déteste les hommes, en particulier ses patrons. Intrigué, il décide de l’embaucher.

La jeune femme, voleuse aguerrie, s’enfuit un jour avec le contenu du coffre fort. Mark s’aperçoit rapidement du vol et fait tout de suite le lien avec Marnie. Il va dès lors la faire chanter et la forcer de l’épouser. Cependant, la jeune femme ne parvient pas à s’adapter à sa nouvelle vie, faste et reposante.

Torturée, la jeune femme prend la fuite et part en toute hâte chez sa mère à Baltimore, où Mark la rejoindra sans tarder, dans le but de la ramener. Il découvrira malgré lui la source des maux de la jeune femme…

Analyse

Sous l’aspect purement policier du film, Hitchcock livre sans doute l’un de ses films les plus psychologiques. Avec deux personnages troublants et fascinants, il nous plonge autant dans les pensées de Marnie que dans celles de Mark, avec la grande finesse de mise en scène qu’on lui connaît. Marnie est un personnage aux facettes multiples, une héroïne complexe et complète, avec la quelle on vit intensément le cambriolage de sa propre compagnie. Le travail sur le son dans la scène du vol est particulièrement représentatif de cette volonté qu’a Hitchcock de nous faire rentrer dans l’inconscient de Marnie. On vit les pics de tension avec elle et non plus seul. Un dialogue émotionnel s’installe directement entre le spectateur et le personnage.

Mieux encore, Hitchcock aurait pu se concentrer sur le personnage remarquable de Mark, incarné par le splendide Sean Connery, et faire du noyau de son film le chantage et le désir pulsionnel. Mais bien que présent explicitement dans le film, nous suivons en permanence la déchéance psychologique de Marnie, qui tente sans cesse de se sortir de sa prison dorée. Elle est aussi dynamique que soumise dans ce film. Elle se consume de l’intérieur devant Mark, tant les hommes la fascinent et l’effraient. La progression dramaturgique de Mark est aussi nécesaire que l’évolution du personnage de Marnie, et permet de se concentrer sur la psychologie des personnages.

Là où le réalisateur aurait pu perdre le fil de l’intrigue et noyer son spectateur dans des monologues intérieurs à rallonge, il a choisit une mise en scène épurée qui nous fait glisser d’un personnage à l’autre avec aisance et nous maintient à distance de ceux-ci au même titre qu’il nous plonge dans leurs pensées. Les héros eux-mêmes ne semblent pas maîtres de leurs pulsions, n’en connaissent pas la source. La caméra nous révèle progressivement l’origine de leurs maux et nous livre, par des gros plans et des jeux de regards, toute la sensibilité des personnages.

Des choix de mise en scène judicieux, qui témoignent de la maîtrise parfaite de Hitchcock des techniques cinématographiques et du pouvoir narratif de l’image. Cependant, d’aucuns considèrent souvent que Pas de printemps pour Marnie est l’un des films les plus artificiels du réalisateur. Les trucages et les effets spéciaux nous apparaissent explicitement et sont la preuve du goût tout particulier du metteur en scène pour le travail en studio. L’exemple le plus frappant dans le film reste sans doute l’épisode de la chasse à cour. On s’aperçoit très bien que Tipi Hedren monte un cheval mécanique, face à un décor. Les plans de fond furent tournés au préalable en Virginie, puis l’équipe rentra tourner les scènes à Hollywood.

Ce qui aura pu déplaire aux spectateurs avisés des années 1960, c’est également le caractère factice et surréaliste du décor, qui témoigne autant du manque de réalisme de la situation que des modes de pensée alambiqués et complexes des personnages. La demeure de Mark nous apparaît labyrinthique, immense, perdue. Nous ne savons jamais réellement où telle pièce se trouve dans la maison. Une prison informelle pour Marnie, qui ne parvient jamais réellement à échapper au regard aiguisé du jeune homme.

Le film traite également des conséquences des heurts psychologiques précoces sur la vie d’adulte. Ayant vu sa mère se défendre d’un homme, la jeune Marnie, effrayée, a cherchée à défendre sa mère. Depuis lors, la jeune femme se méfie des homes et en subira alors le courroux. Film sociologique et psychanalytique, on sent autant les échos à Freud que l’expression précoce des théories Bourdieusiennes. Le scénario est donc riche dramaturgiquement mais résonne d’autant plus dans en termes philosophiques et psychanalytiques.

Scénario Jay Presson Allen (D’après un roman de Winston Graham) Image Robert Burks Avec Tipi Hedren, Sean Connery, Diane Baker 120 min, 35mm Couleurs, 4/3

Alfred Hitchcock, maître incontesté du thriller américain des années 1940 à 1970, il sait nous plonger dans des histoires typiques et angoissantes, cherchant toujours à surprendre aussi bien par ses mises en scènes novatrices et symphoniques, que par le choix des acteurs et actrices. Il y a dans son cinéma une grande fascination pour les corps et d’autant plus pour la beauté. Une beauté pure, féminine mais par ailleurs froide et piquante. La femme devient souvent chez lui une poupée de porcelaine, fragile et cassante, ce qui l’a rend d’autant plus désirable. Le geste et le mot en disent long sur le personnage et révèle souvent les coutures d’une personnalité complexe et ambiguë. Les personnages eux-mêmes se cherchent ou du moins cherchent à comprendre ce qui les meut ou tout simplement ce qui leur arrive. Avec pas moins de 50 films à son actif, il est l’un des réalisateurs les plus prolifiques, mais garde une certaine unité dans sa filmographie.

Longtemps considéré, en Europe comme aux Etats-Unis, comme un réalisateur de bas étage, il faudra attendre la nouvelle vague française pour que son génie soit mis en avant et que l’on reconnaisse le mérite d’un homme dont la seconde langue est celle du cinéma. François Truffaut et Claude Chabrol les premiers lui témoigneront une fascination sans faille, selon eux méritée au regard de la qualité de ses films. Un cinéma du motif, un cinéma musical. Chaque élément de décor trouve un sens chez le réalisateur qui, loin de faire du symbolisme, renseigne le spectateur sur le personnage par l’objet, la couleur, le vêtement… Classique me direz vous, mais chez Hitchcock, cela prend une importance nouvelle. Chaque détail compte au point qu’il en cherche souvent à distraire son spectateur pour mieux le conduire à des pics de tension d’autant plus inattendus. C’est sur cette idée que repose le MacGuffin. Il fait se concentrer le spectateur sur un élément déroutant, surprenant, et qui retiendra toute son attention pour n’avoir finalement aucune importance dans le dénouement.

La musique chez lui a une importance également capitale. Elle souligne les montées progressives de tension, installe le suspense cher à son cœur. Chaque scène est pensée en fonction de la musique que Hermann composera pour lui.

Avec des films comme L’Homme qui en savait trop (1934 et 1956), Rebecca (1940), Suspicion (1941) Lifeboat (1944), Le grand Alibi (1950) ou encore Les oiseaux (1963) et Frenzy (1972), il se sera fait une place de choix auprès des producteurs, des acteurs et du public. Travaillant pour Universal Picture, il aura accès à des fonds considérables, et demandera à des acteurs aussi célèbres que James Stewart, Carry Grant ou Montgomery Clift de jouer pour lui. Il a également côtoyé les plus grandes et belles actrices de son temps, faisant tourner Marlene Dietrich, Grace Kelly, Kim Novak ou Tipi Hedren.

Hitchcock connaît un grand succès avec son adaptation de Psychose (1960), après des films aussi géniaux que La Main au collet ou Fenêtre sur cour. Les films qu’il fera par la suite, aussi bons soient-ils, ne rencontreront jamais l’audience de Psycho mais resteront à jamais des chefs d’œuvre du cinéma américain et séduisent toujours autant les amateurs de films à suspense. Il recevra un oscar pour l’ensemble de son œuvre.

Tipi Hedren

L’actrice fut découverte par le grand public avec le film d’épouvante Les Oiseaux (1963), pour lequel elle reçu le Golden Globe de la Meilleure révélation. On la retrouvera dans Pas de printemps pour Marnie, tant elle aura fasciné Hitchcock. Mais, fatiguée des méthodes de travail du grand maître du suspense, elle préfèrera ouvrir sa carrière à d’autres artistes et jouera dans La comtesse de Hong-Kong de Chaplin en 1967 et dans Fenêtre sur Pacifique de Schlesinger en 1990. Pour le reste de sa carrière, elle jouera autant à la télévision qu’au cinéma, dans des films d’horreurs, des romances et des comédies, et autres films indépendants américains.

Elle restera cependant à jamais l’actrice découverte par Hitchcock, une blonde à la fois vénéneuse et douce, mystérieuse mais simple. Il lui aura ouvert la grande porte des studios et aura fait d’elle une actrice reconnue, bien qu’elle soit aujourd’hui tombée quelques peu dans l’oubli.

 

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