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Arte Mare dégaine son polar
Poupoupidou
samedi 12 novembre 2011

de Gérald Hustache-Mathieu

France, 2011, 1h42

Il est parisien et l’auteur de polars à succès. Elle est l’effigie blonde du fromage Belle du Jura, la star de toute la Franche-Comté, persuadée qu’elle était, dans une autre vie, Marilyn Monroe… Quand ils vont se rencontrer à Mouthe, la ville la plus froide de France, lui est en panne totale d’inspiration et elle déjà morte. “Suicide probable aux somnifères” conclut la gendarmerie. David Rousseau n’y croit pas. En enquêtant sur le passé de Candice Lecœur, il est sûr de tenir l’inspiration pour un nouveau roman… Un film délicat, exotique, et tourné… au cœur des Vosges.

Gérald Hustache-Mathieu est l’auteur en 2010 d’Avril, long métrage avec Sophie Quinton, Nicolas Duvauchelle, Clément Sibony et Miou-Miou. Il a réalisé en 2001 et 2002, deux courts : Peau de Vache et La Chatte andalouse.


LA FICHE DU FILM

SCÉNARIO Gérald Hustache-Mathieu, Juliette Sales • IMAGE Pierre Cottereau • SON Pierre Andre/Franck Duval • MONTAGE Valérie Deseine • PRODUCTION Isabelle Madeleine • DISTRIBUTEUR Diaphana  • AVEC Jean-Paul Rouve, Sophie Quinton, Guillaume Gouix


Pour visionner
la bande annonce
de Poupoupidou,
cliquer sur l’image...


LES HORAIRES DE PROJECTION

Au Théâtre :
Mardi 22 novembre,
à 16h15


PLUS SUR...

Entretien avec Gérald Hustache-Mathieu

On a du mal à définir le genre de votre film. Est-ce un polar, une comédie… ?

Le film de genre est intéressant pour la structure qu’il propose. J’avais envie de me confronter au film noir pour changer de registre par rapport à mes précédents films. Mais on ne se refait pas... L’aspect polar n’est pour moi que la toile de fond d’un film qui tend vers la comédie et, je l’espère, aussi vers le romanesque. Je savais que l’aspect film à enquête devrait tenir debout mais ce qui m’intéressait c’était surtout la rencontre de Rousseau avec Candice et avec Leloup. Au cinéma, j’aime le mélange des genres, essayer de faire cohabiter ensemble la gravité et une apparente légèreté… Parce qu’il me semble que la vie aussi est comme ça.

D’où est venue cette idée de vous inspirer de Marilyn Monroe ?

Ça n’était pas du tout l’idée de départ, qui était celle de faire un polar à Mouthe, et de raconter une rencontre improbable : celle d’un enquêteur et de la victime, déjà morte. Et puis, dans un article de presse, je découvre qu’un psychiatre affirme que sa patiente, Sherrie Lea Laird, chanteuse du groupe rock Pandomonia, était la réincarnation de Marilyn Monroe. En la soumettant à des séances de régression sous hypnose, celle-ci aurait pu revivre certaines expériences de sa vie antérieure, souvenirs qui seraient sans équivoque liés à la vie de Marilyn… ! Il suffit de voir sur Youtube les pseudos documentaires sur l’histoire pour avoir un avis sur la réalité des faits… Ça a été l’étincelle qui a déclenché toute la construction du scénario car le personnage de Marilyn est évidemment fascinant.

En quoi vous fascine-t-elle ?

J’avais bien sûr vu quelques uns de ses films mais je ne connaissais d’elle que les clichés habituels. Pourtant, cet article a véritablement déclenché un désir très fort de m’intéresser à elle. Pour ce scénario, j’étais à la recherche d’une enquête à inventer, d’un mystère à résoudre… Quelle plus belle énigme que l’incarnation parfaite de l’actrice Hollywoodienne, l’orpheline abandonnée à la fin tragique et mystérieuse ? Car elle a beau avoir été analysée, autopsiée, scrutée, elle nous a tout montré, ses seins, ses fesses, on n’a jamais fini de chercher la face cachée de Marilyn. Elle reste et restera une énigme. A la fin de ce film, comme le titre du livre qui vient de paraître, je ne connais d’elle que des Fragments. Dans le roman qu’il lui a consacré, Marilyn dernières séances, Michel Schneider dit d’ailleurs qu’elle est “un véritable mythe, c’est à dire une surface de projection qui résiste à toutes les analyses”.

Une surface de projection, c’est aussi un miroir. Que vous a renvoyé son image ?

J’ai lu beaucoup de livres sur elle, sur sa vie. Comme il ne s’agissait pas du tout de réaliser un biopic sur Marilyn, j’ai essayé de ne garder d’elle que ce qui la reliait à Candice, à cette fille de Mouthe qui croyait être sa réincarnation. Peu à peu j’ai compris ce qui m’avait fait aller vers elle. Marilyn incarne le rêve américain, et au-delà, le rêve tout court. Le rêve de devenir un jour “quelqu’un”. Mais elle incarne aussi le revers de cette médaille : la tragédie, l’impossibilité d’être heureuse. Norma Jeane incarne la fragilité absolue, toujours prête à se briser à chaque instant. L’actrice la plus connue au monde, mais aussi “la femme la plus triste du monde” selon Arthur Miller. Elle avait la gloire, la beauté, tous les hommes à ses pieds, mais une estime de soi proche de zéro. Elle incarnait mieux que quiconque le sujet que je voulais traiter. M’inspirer d’elle, de certains aspects de sa psychologie, confronter mes personnages avec cette icône était une matière foisonnante pour la fiction. C’était très excitant de transférer la mystérieuse émotion que suscite Marilyn, qui déborde autant l’histoire du cinéma que celle de l’Amérique, vers Candice/Martine, petite starlette locale de Mouthe, dans le Jura.

Pour incarner celle-ci, vous avez une nouvelle fois fait appel à votre actrice fétiche, Sophie Quinton. Etait-ce pour vous une évidence de lui faire jouer un personnage inspiré de Marilyn Monroe ?

Avec une autre actrice que Sophie, ça aurait pu en effet tourner au cadeau empoisonné. Mais je connaissais suffisamment Sophie pour avoir la quasi certitude qu’avec elle, on ne tomberait jamais dans l’imitation, ou une espèce de parodie factice. J’ai une confiance assez aveugle dans son talent, sa justesse d’interprétation. Je crois qu’elle a pourtant bien eu la trouille cette fois, tant le personnage de Candice, construit à travers des flash-back assez brefs, était délicat à trouver. Même si nous avons marché dans les traces de Marilyn, nous étions tous les deux d’accord dès le départ pour ne jamais nous inspirer d’elle ou essayer de la singer. Ça aurait été le meilleur moyen de foncer dans le mur. Au contraire, on s’est focalisé sur Candice, sur Martine… De toute façon, Marilyn est comme Roselyne dans le roman de Rousseau : “on ne la voyait que lorsqu’elle avait décidé d’apparaître”… Si une trace de sa présence devait surgir dans notre film, ça ne dépendait pas de nous.

Il y a pourtant des scènes, comme la scène du Jokary des Misfits ou le Happy Birthday Mr President où vous êtes dans la comparaison frontale...

Oui, mais on ne cherchait pas à copier les scènes. Le Happy Birthday, c’est une scène élevée au rang de mythe, donc inimitable. Mais comme pour une chanson, on peut éventuellement en faire une “cover”, ou l’utiliser comme un sample en musique. Il ne s’agit pas du tout de rendre hommage. C’est d’avantage du vol à la tire. La scène que je sample devient une partie du film comme une autre. Je réutilise un élément pour en faire une nouvelle composition. Je l’ai appliqué en toute impunité à la vie de Marilyn, certains de ses films, mais aussi à d’autres films ou séries US, à des éléments autobiographiques, qui sont eux aussi des échantillons que mon film remixe, recycle avec le reste. Cette idée de sampler des images, des scènes, m’a donné une liberté nouvelle dans mon travail. Tout a déjà été dit, écrit, filmé, mais, en musique, on sample, on remixe. En peinture, les artistes s’inspirent de toiles existantes, certains utilisent même le collage. Pourquoi ne pas appliquer cela au cinéma ? D’ailleurs je n’invente rien, regardez Tarantino pour ne citer que lui.

Il y a un gendarme dans votre film qui précise qu’“on n’est pas en Amérique ici, on est à Mouthe.” Pourquoi avoir choisi de placer votre histoire dans cette ville, la plus froide de France ?

J’ai entendu parler de Mouthe dans un reportage et l’envie d’y réaliser un film ne m’a plus quittée. Il se dégageait de la ville et de ses habitants quelque chose d’étrange qui venait sans doute de ce statut un peu particulier de “Petite Sibérie” et de ces forêts de sapins, omniprésentes, qui pour moi invitent immédiatement au mystère. Les décors du Haut-Doubs sous la neige m’évoquent aussi le Middle West, le Minnesota. Tourner là-bas, comble en partie ma frustration de ne pas pouvoir filmer les Grands Espaces américains ! Et pourtant, “on n’est pas en Amérique !”, oui. C’est d’ailleurs très significatif que cette expression soit rentrée dans le langage populaire : l’Amérique comme un ailleurs impossible, moins géographique que culturel, un rêve inaccessible, territoire d’une mythologie inégalable. Un agent du FBI nous paraîtra de toute façon toujours plus passionnant, plus glamour qu’un gendarme à képi… En tant que cinéaste français, on se retrouve face à cette concurrence déloyale du mythe américain et j’avais envie de trouver les moyens de contourner cette impasse. Aller justement chercher “l’Amérique” à Mouthe.

L’avez-vous trouvée ?

Dans les décors, il s’agissait par exemple de retrouver cette ligne claire, ces toits plats de l’architecture américaine, un café auquel on a donné une allure plus proche d’un Dinner… Il y a aussi l’usage du scope, format dont je suis tombé amoureux et que je ne quitterai plus. Mais au delà de cet aspect visuel, il y a quelque chose de très universel que tous les pays du monde ont en commun : comme il y a une “Amérique profonde”, il y a une “France profonde”, celles des provinciaux. Cette province, d’où je viens, je ne la filme pas pour ces personnages hauts en couleurs, pittoresques. Je la filme pour ce qu’elle est, un territoire à la marge des grandes villes, dont on ne parle souvent qu’au détour d’un fait divers sordide. Une France plus ordinaire, plus modeste, un peu délaissée, dans laquelle le rêve est forcément moins accessible.

Est-ce que, comme le dit Candice, pour vous “l’enfer ressemble à Mouthe” ?

En tout cas c’est être loin de tout quand on ne l’a pas choisi qui y ressemble. C’est pour ça que Mouthe était une métaphore idéale. C’est un village particulier, comme celui de Daisytown, traversé par une unique rue centrale, qui ressemble le soir à ces villes fantômes du Far West. C’est un village interfrontalier, dans lequel on a l’impression d’être ni tout à fait en France, et pas vraiment en Suisse, un “No man’s land” où le temps n’a pas vraiment prise et où l’hiver s’éternise. Les routes sont alors verglacées, les voitures paralysées par le givre et la neige qui recouvrent le pare-brise et clouent les pneus au sol. Tout contribue à vous emprisonner sur place, seule échappatoire possible : la fuite. Comme le dit Marilyn dans ses confessions : “C’était comme d’être en prison et de regarder la porte sur laquelle était écrit : “Sortie”.

Le “rêve Américain”, pour vous qu’est-ce que c’est ?

C’est le rêve tout court : “I’d be safe and warm if I was in L.A”. L’illusion d’un ailleurs où tout serait possible. C’est un point commun partagé par beaucoup de personnages du film : Leloup se voit policier scientifique au Canada, Betty attend le prince charmant, la coiffeuse a les yeux qui brillent en s’imaginant devenir la muse d’un romancier. Ils rêvent, comme tout le monde, de réussite sociale, de réussir leur vie tout simplement. Rousseau s’imagine un pseudo islandais en rêvant d’écrire Le Dahlia noir, Candice devient une autre femme, une fausse blonde. Elle poursuit ses rêves de midinette et se croit la réincarnation de Marilyn Monroe ! “Un Casting, rien que le mot” la fait rêver… Et quand elle récite Le Corbeau et le renard, minaudante, dans la salle de réunion de la fromagerie, Candice rêve aussi fort que Betty Elms, apprentie comédienne fraîchement débarquée de province et venue conquérir Hollywood dans Mulholand Drive. D’ailleurs, si on comparait les deux scènes, il y aurait là la réponse exacte à votre question. Chez Lynch, elle est flamboyante, et frôle la perfection, celle de mon film est évidemment plus dérisoire, et ne véhicule pas du tout la même tension, la même émotion. Mais c’est justement dans cet espace qui sépare les deux scènes que je veux situer mon film, cet espace, pour moi c’est ça, le rêve Américain.

C’est celui-ci, votre complexe à vous ? Ne pas être un cinéaste américain ?

Ni même la réincarnation d’aucun. Mais dans le film je crois apporter une réponse à ce dilemme. Rousseau renonce à son pseudo et signe son roman de son propre nom. Il change son titre ronflant pour une onomatopée que je trouve personnellement chargée de mélancolie, mais qui peut paraître comique et dérisoire. En le faisant, il remet lui aussi la bande à zéro en s’acceptant tel qu’il est. Il sait qu’il y a des auteurs plus brillants que lui, qui écrivent des romans qui réussissent d’avantage à parler du monde, à en donner une vision. Lui ne sait parler sans doute que de 2 ou 3 obsessions qui l’intéressent, mais il essaie de les explorer, d’en faire un récit au plus proche de l’os qui le constitue. Il répond à ce texte de Dino Buzzati qui m’avait beaucoup marqué : “De quoi as-tu peur, imbécile ? Des gens qui sont en train de te regarder ? Ou de la postérité par hasard ? Il suffirait d’un rien ; réussir à être toi-même, avec toutes tes faiblesses inhérentes, mais authentique, indiscutable. La sincérité absolue serait en soi un tel document ! Qui pourrait soulever des objections ?”


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