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Réservations au 07 87 76 56 86

 
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PRIX DU LIVRE CORSE.


1768. Bastia retient son souffle. La cité marchande s’est lassée du parfum de la poudre et du bruit des canons. La guerre contrarie le commerce. Un récit mené tambour battant au rythme des aventures militaires et galantes de jeunes gens entraînés par l’accélération de l’histoire. Le deuxième roman de Michèle Corrotti et Philippe Peretti après Petite Italie. Editions Alain Piazzola. Couverture Edith Guidoni.

 
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Panorama : printemps arabes
Le cochon de Gaza
mardi 1er novembre 2011

Sylvain Estibal
Israël, 2011, 1H38

Après une tempête, Jafaar, un pêcheur palestinien de Gaza, remonte par hasard dans ses filets un cochon tombé d’un cargo. Bien décidé à se débarrasser de cet animal impur, il décide toutefois d’essayer de le vendre afin d’améliorer son existence misérable.
Le pauvre Jafaar se lance alors dans un commerce rocambolesque et bien peu recommandable…
Dans cette tragi-comédie, l’ensemble du petit peuple de Gaza, coincé entre sa misère absolue au quotidien, les contraintes des militaires Israéliens et le diktat des barbus aux commandes, est représenté par ce pauvre pêcheur dont l’unique souci est de survivre au jour le jour et qui, pour cela, est prêt à tout. Jafaar, dans une permanente dérision de lui-même, même dans les moments tragiques, évolue dans cette histoire à l’humour mordant… et nous laissera espérer que si l’on peut s’entendre, malgré toutes les différences, à l’échelle individuelle, on peut s’entendre in fine, à l’échelle collective.


LA FICHE DU FILM

SCÉNARIO Sylvain Estibal • Image Romain Winding AFC • Montage Damien Keyeux • Musique Aqualactica, Boogie Balagan • Producteur Franck Chorot • Distributeur Studiocanal • Avec Sasson Gabai, Baya Belal, Myriam Tekaïa, Gassan Abbas, Ulrich Tukur.


LES HORAIRES DE PROJECTION

Théâtre :
Lundi 21 novembre, à 16h15
Mercredi 23 novembre, à 14h15


Interview du réalisateur, Sylvain Estibal

Que souhaitiez-vous exprimer avec cette histoire ?
C’est d’abord un cri de rage comique… L’envie de changer les choses, de redonner de l’oxygène, de faire rire les deux camps, israélien comme palestinien, en montrant l’absurdité de la situation, en l’abordant sous un angle humain et burlesque, sans agressivité mais sans ménager qui que se soit. Ce que j’exprime dans mon film, c’est une révolte contre les représentations sclérosées, l’envie de secouer des discours politiques trop figés pour revenir au destin d’un simple individu. Dans le film, ce qui unit les deux camps, c’est le rejet commun du cochon. Le cochon devient alors le passeur, le lien entre les deux communautés, et de ce plus petit dénominateur commun va naître un début d’entente.
Ce cochon vietnamien, c’est en quelque sorte, ma colombe de la paix !

Quelles ont été vos références pour ce film ?
Pendant la phase d’écriture, j’ai beaucoup pensé à Chaplin bien sûr.

Quels sont les clichés que vous avez souhaité éviter ?
Avec Myriam Tekaïa, collaboratrice artistique et actrice dans le film, nous avons voulu éviter les clichés dans la distribution des rôles, éviter l’image de l’islamiste barbu. Nous tenions aussi à ce que la femme de Jafaar soit belle et digne plutôt qu’une femme caricaturale derrière ses fourneaux. De manière générale, il fallait qu’une forme de beauté transparaisse dans un cadre toutefois réaliste. Nous voulions que la beauté humaine apporte une part de rêve et de dignité sans pour autant effacer la misère qui existe là-bas. Il fallait que le spectateur perde un peu ses repères, qu’il soit dans un conte, tout en ayant le sentiment de voir pourtant la réalité. C’est un travail qui a été effectué au casting mais aussi dans le choix des décors, des costumes, etc. Nous avons été très attentifs à cela. En confiant le rôle de Jafaar, le pêcheur palestinien, à un acteur israélien d’origine irakienne (Sasson Gabay) et celui de la jeune femme israélienne à Myriam Tekaïa, qui est Tunisienne, c’était aussi une manière de brouiller les pistes et les identités.

Comment et pourquoi avez-vous choisi Sasson Gabay pour interpréter Jafaar ?
J’ai écrit sans aucun visage en tête. Et puis au moment de chercher l’acteur principal, j’ai pensé au formidable interprète de LA VISITE DE LA FANFARE : Sasson Gabay (film projeté à Arte Mare en 2009). Je cherchais quelqu’un d’attachant avec qui l’on puisse facilement tomber en empathie. Je souhaitais un visage profondément humain.

L’homme et l’animal forment un duo très cinématographique, pourquoi avoir choisi ce modèle ?
J’ai pensé bien sûr à LA VACHE ET LE PRISONNIER que je voulais d’ailleurs intégrer dans une scène lorsque Jafaar regarde la télévision. J’aime la simplicité de ce film, et l’idée d’un homme démuni s’appuyant sur l’animal pour sortir d’un contexte difficile. Dans LE COCHON DE GAZA, le cochon a une valeur symbolique, il est sombre, inquiétant, il représente le préjugé, l’inconnu, la peur qu’il nous faut apprivoiser.

Il y a une dimension poétique dans le film, pourquoi ?
Je voulais que le film soit onirique, qu’il ouvre sur un rêve possible, d’où la séquence notamment où les quatre personnages principaux s’enfuient et partent en mer. Néanmoins, je ne voulais pas que le film finisse sur cette scène car la solution politique n’est pas l’exil mais plutôt la cohabitation sur une même terre. Alors j’ai choisi, pour la fin du film, cette danse hip-hop de jeunes danseurs handicapés. Je pense que ces deux peuples d’Israël et de Palestine sont un peu à leur image, deux peuples blessés qui se font face. Ils symbolisent, à mes yeux, la souffrance d’Israël et de la Palestine, de laquelle peut surgir toutefois une entente. Je voulais terminer sur une image symbolique et belle, sur une vision d’espoir.

LE COCHON DE GAZA est-il un film politique ?
C’est un point de vue sur le conflit israélo-palestinien, donc il y a forcément un aspect politique. C’est un film sur un individu pris dans un conflit. Je pousse un cri face au gâchis, face à la haine, face à une religion trop souvent prise au pied de la lettre en négligeant son message fraternel. J’ai participé à l’écriture de quelques ouvrages avec Théodore Monod. J’ai admiré le détachement et l’approche intelligente qu’il avait des textes religieux. Lui pourtant très croyant et descendant d’une grande famille de pasteurs, gardait un recul face à sa propre religion, ne voulant garder du texte sacré que ce qui l’inspirait en oubliant le reste. À propos des différentes religions, il disait aussi : « Il y a une montagne unique que nous grimpons chacun par un sentier différent ». C’est une image simple, mais inspirante.

Le film penche-t-il pour un camp en particulier ?
Il n’est évidemment pour aucun camp, ni contre d’ailleurs… Il est contre l’absurdité de la situation, il est pour la dignité humaine.
Avant d’accepter de travailler sur le film, les acteurs ont voulu savoir quel était son objectif. Faire ce film, c’était aussi une forme d’engagement pour les acteurs palestiniens ou israéliens. Moi je suis une main extérieure. La situation à Gaza est totalement absurde et je me contente de pousser d’un degré le surréalisme pour mieux le dénoncer. Il est arrivé sur le tournage à certains acteurs de penser que, parfois, le film penchait pour un camp plus qu’un autre. Mais c’est arrivé aux acteurs des deux camps, ce qui est plutôt rassurant ! Au fond, nous sentions tous, je crois, que nous portions un message de paix. L’équipe, composée d’une vingtaine de nationalités, s’est mise totalement au service de ce message avec un vrai dévouement. C’est un cinéma qui se veut utile, même s’il faut tout de même relativiser tout ça. On ne peut pas trop se prendre au sérieux quand on fait une comédie avec, pour acteur principal, un cochon…


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